Cote des vinyles de King Crimson

In the Court of the Crimson King ILPS 9111 (Angleterre) 1969 90€ Acheter neuf
In the Wake of Poseidon ILPS-9127 (Angleterre) 1970 70€ Acheter neuf
Lizard ILPS 9141 (Angleterre) 1970 45€ Acheter neuf
Islands ILPS 9175 (Angleterre) 1971 45€ Acheter neuf
Larks’ Tongues in Aspic ILPS 9230 (Angleterre) 1973 92€ Acheter neuf
Starless and Bible Black ILPS 9275 (Angleterre) 1974 28€ Acheter neuf
Red ILPS 9308 (Angleterre) 1974 74€ Acheter neuf
Discipline EGLP 49 (Angleterre) 1981 16€ Acheter neuf
Beat EGLP 51 (Angleterre) 1982 15€ Acheter neuf
Three of a Perfect Pair EGLP 55 (Angleterre) 1984 15€ Acheter neuf

Le roi cramoisi

King crimson est, à l’origine, un groupe de rock progressif fondé en 1969 ; « à l’origine » car le groupe s’est beaucoup transformé au long des années tant dans sa composition (le seul membre resté depuis la fondation est Robert Fripp, guitare, piano, claviers) que dans sa création. Le groupe est toujours en activité aujourd’hui mais plus vraiment fidèle à ce son qui a fait d’eux un groupe phare de l’underground rock. A son origine le groupe est composé des frères Mike (batterie) et Peter Giles (basse) et de Robert Fripp, rejoints ensuite par Ian MacDonald (cuivres, claviers et guitare). Mais c’est le recrutement de Greg Lake qui donne son envolée lyrique et schizoïde (21st century schizoid man) au groupe.

Et c’est dès lors leur apogée, propulsion directe dans le panthéon des groupes rock incontournables avec leur album In te court of the crimson king (littéralement : à la cour du roi cramoisi). Peter Townshend (The who) dira de cet album qu’il est « un chef d’oeuvre de l’étrange ». En effet, dès les premières notes de Crimson King, c’est un son garage, un peu crado mais très maîtrisé qui déferle des enceintes, une guitare sourde, des cuivres poussifs et délirés, une batterie légére et précise et le chant de Greg Lake, sa voix semblant sortir d’outre-tombe, ce rythme

de plus en plus effréné au cours de la chanson et ce texte énigmatique qui annonce déjà l’ambiance d’inquiétante étrangeté de l’album, ce symbolisme figuré par des images d’une splendeur surréaliste : « Cat’s food iron claw, neuro-surgeons scream for more at paranoia’s poison door, twenty first century schizoid man ». Chaque morceau de cet album est un joyeux embrouillamini de toutes les références et influences possibles, on ne peut pas réellement prêté de genre précis à cet album, d’où son classement dans le rock progressif, genre bâtard et énigmatique s’il en est. Les morceaux s’enchaînent comme autant de songes, de ces délires paranoïaques du roi cramoisi.

De la poésie également avec les chansons Moonchild et Epitaph : « Call her moonchild dancing in the shallows of a river lonely moonchild dreaming in the shadows of the wilow » (Moonchild) ou encore : « Confusion will be my epitaph as I crawl acracked and broken path » (Epitaph), des paroles signées Peter Sinfield, profondément influencé d’une imagerie médiévale et fantasy, et qui signera les paroles des trois albums suivants de King Crimson. La Cour du roi cramoisi reste un album éternel et irremplaçable.

Difficile de faire mieux ensuite, même si le groupe, avec ses nombreux musiciens passants, signe par la suite des albums de rock progressif très inspirés, mais ce ne sera jamais autant. Il faut voir les vidéos de Keith Emerson éventrant un piano pour lui faire sortir des sons hallucinés afin de comprendre le départ de Greg Lake, au bout de deux albums avec les King crimson, pour former le groupe Emerson, Lake & Palmer. Les albums In the wake of Poseïdon et Lizard sont encore des ovnis de la scène rock de l’époque, mêlant la mythologie à des ambiances musicales fantasmagoriques et hallucinées, même si la voix de Lake manque beaucoup dans Lizard. Il apportait de cette voix des profondeurs qui donnait corps tant à l’instrumental qu’aux paroles. Le groupe, amputé de Lake, poursuit ses expérimentations entre jazz et rock à travers divers albums (15 albums à leur actif) pour s’ancrer plus avant dans le jazz-fusion, le rock expérimental voir même le métal progressif (plutôt dans les plus récentes années). JC