Discogs est un excellent baromètre pour estimer le prix d’un vinyle, à condition de savoir interpréter les données. La méthode la plus fiable consiste à partir de la version (release) exacte, analyser l’historique des ventes (fréquence, dispersion, tendance), comparer avec les annonces en cours (Marketplace), puis ajuster selon l’état réel du disque et les frais Discogs. La valeur globale de la collection peut donner un ordre de grandeur, mais dépend fortement de la qualité des pressages renseignés. Voir sur Youtube
Discogs : thermomètre, pas oracle
Avant de parler chiffres : Discogs n’est pas la vérité absolue.
Le fait qu’un disque soit “à 20€” sur Discogs ne garantit pas que tu le verras à 20€ chez un disquaire, sur LeBonCoin ou sur Vinted.
En revanche, Discogs reste un outil très utile, parce que :
- beaucoup de ventes passent par la plateforme,
- les données sont publiques,
- et surtout, elles sont historisées (on peut observer l’évolution d’un prix).
L’idée : utiliser Discogs comme un thermomètre du marché, en gardant du recul.
Ce qui influence vraiment le prix d’un disque
Quand tu essaies d’estimer un vinyle, plusieurs facteurs jouent :
- La rareté (tirage, pressage, pays, année, particularités)
- La demande (popularité, effet de mode, hype, rééditions)
- L’état du disque et de la pochette (souvent le facteur n°1 en pratique)
- Les détails “de nerd” qui changent tout : référence, étiquette, matrice/runouts, insert/poster, etc.
Étape 1 : partir de la bonne “version” (release)
La règle d’or : on estime un disque à partir de sa release exacte, pas à partir du master.
Sur Discogs, le master correspond à l’œuvre (l’album), mais les prix varient énormément selon :
- le pays,
- l’année,
- l’édition,
- la présence d’inserts,
- la réédition vs original, etc.
Exemple classique : un repress récent et un original UK peuvent être à des années-lumière en prix, même si le contenu musical est le même.
Sur la fiche de la release, tu verras souvent :
- prix le plus bas (Lowest)
- prix médian (Median)
- prix le plus haut (Highest)
Le piège : le “plus haut” est souvent peu représentatif (annonce optimiste, exemplaire exceptionnel, dédicace, état irréprochable…).
Le chiffre le plus utile est généralement la médiane, mais seulement si elle s’appuie sur assez de ventes comparables. Et c’est là qu’intervient l’étape la plus importante.
Étape 2 : lire l’historique des ventes (le vrai cœur du sujet)
Dans Sales History (historique des ventes), tu as généralement :
- un graphique
- et une liste détaillée des ventes passées
C’est ici que Discogs devient vraiment intéressant.
1) Regarder la fréquence des ventes
- S’il y a une vente tous les 2 ans, le “prix” est peu fiable : marché trop faible.
- Si ça bouge régulièrement, tu as un vrai marché et des données exploitables.
2) Regarder la dispersion
Si les prix partent dans tous les sens, c’est souvent parce que :
- l’état varie énormément,
- ou que les ventes couvrent des situations très différentes (édition complète vs incomplète, etc.).
3) Regarder la tendance
Une courbe peut révéler :
- une hausse progressive,
- une chute (par exemple après une réédition),
- ou un pic temporaire (hype, effet série/film, buzz).
Là, tu fais une observation simple : est-ce que le marché monte, descend ou stagne ?
Ne jamais oublier l’état
Sur Discogs, l’état est souvent noté Media/Sleeve : NM, VG+, VG…
Entre VG+ et NM, il peut y avoir un gros écart.
Astuce : ne te contente pas du graphique. La liste des ventes sous le graphique contient souvent des infos cruciales (état, remarques, détails vendeur). Elle évite de comparer n’importe quoi.
Étape 3 : comparer avec les annonces en cours (Marketplace)
Même si l’historique est précieux, il faut confronter ça au présent :
les annonces en cours donnent une idée de l’offre actuelle.
La logique :
- même release,
- état comparable,
- vendeurs sérieux,
- et tu regardes les prix proposés aujourd’hui.
Mini règle pratique :
- Si les ventes passées tournent autour de X mais que toutes les annonces sont à X + 30%, c’est possible que ça ne parte pas (vendeurs gourmands).
- Si des annonces “basses” disparaissent vite, le marché peut bouger, mais c’est plus difficile à mesurer uniquement via Discogs.
Valeur de collection : utile, mais à prendre avec des pincettes
Discogs propose aussi une estimation globale : Collection → valeur (min/max, parfois médiane).
C’est utile pour :
- avoir un ordre de grandeur,
- suivre l’évolution de ta collec dans le temps (si tu es rigoureux).
Mais attention : cette valeur dépend à 100% de la qualité de tes données.
Si tu as ajouté “la première version qui passait” au lieu de la bonne release, tu peux fortement surévaluer ou sous-évaluer ta collection.
La méthode simple (celle que j’utilise)
Si tu veux un process clair, voilà une méthode en 4 étapes (bonus inclus) :
- Identifier la bonne release (pressage exact)
- Lire l’historique des ventes (fréquence + dispersion + tendance)
- Évaluer l’état réel du disque et de la pochette (sans tricher xD)
- Comparer avec le Marketplace (annonces actuelles) et ajuster
Bonus : vérifier aussi ailleurs (LeBonCoin, Vinted, eBay, Popsike) pour le même pressage et le même état.
Les frais Discogs : un détail qui change tout
Discogs prend environ 10% de frais sur une vente.
Conséquence : les prix Discogs peuvent être légèrement tirés vers le haut, parce que :
- les vendeurs répercutent une partie des frais,
- beaucoup de vendeurs sont pros (charges, TVA, etc.),
- toi, en tant que particulier, tu peux souvent vendre “au bon prix” en étant un peu plus bas.
Règle simple : quand tu as un prix “Discogs” cohérent, retire souvent 10 à 15% si ton objectif est de vendre plus vite.
Les 3 erreurs classiques à éviter
- Se baser sur le prix le plus haut
- Ignorer l’état (c’est souvent là que tout se joue)
- Confondre “valeur Discogs” et “prix auquel ça se vend vite”
Et si tu veux suivre la série : pense à t’abonner à la chaîne YouTube.
