FROM THE VAULT est une nouvelle série que je lance pour me faire un petit plaisir : je vous parle de pas mal de trucs sur ce blog, mais je me suis dit que revenir à mes premières amours ne ferait de mal à personne. Dans chaque épisode de la série FTV je vous présenterai donc un album de metal en vinyle issu de ma collection.

Sorti en 1990 chez Meta Blade Records, Eaten Back To Life est le premier album du groupe de Death Metal CANNIBAL CORPSE. Son artwork et son contenu subversifs ont clairement choqué à l’époque, alors que le genre n’en était qu’à ses balbutiements. Je vous présente ici ma version vinyle de Eaten Back To Life.

Quel pressage / références

Ma version est un pressage français sorti chez Metal Blade sous la référence ZORRO 12 en 1990, et il est en très bon état, je dirais VG+/VG+.

Eaten Back to Life a été réedité à plusieurs reprises chez Back To Black puis chez Meta Blade en picture disc puis sur vinyle noir. J’avais acheté à l’époque le picture disc, très bel objet mais le son n’est clairement pas à la hauteur comme on pouvait s’y attendre. Pour ce qui est de ma copie, rien à dire, ça sonne hyper bien : du death metal fait pour sonner en vinyle, j’adore !

Date / lieu / prix d’achat

De mémoire, il me semble avoir acheté ce vinyle en ligne, probablement sur Priceminister, je dirais en 2010 ou 2011 : cela ne paraît pas loin, mais pour les collectionneurs qui suivent le prix de l’occasion, il y a un grouffre entre les prix de l’occasion en 2010 et aujourd’hui; et encore, je ne parle même pas des collectionneurs ayant eu la chance de vivre l’époque bénie des années 90 où tout le monde revendait ses disques pour une bouchée de pain.

Ma copie est en train bon état, et de mémoire, il me semble l’avoir payée une vingtaine d’euro, ce qui, autant le dire, est un prix absolument incroyable. Aujourd’hui, difficile de trouver ce pressage original à moins de 50€, et encore.

Cotes / autres pressages

Voici quelques versions de Eaten Back to Life et leur cote approximative, à l’heure où j’écris ces lignes (voir toutes les cotes de Cannibal Corpse).

Pochette Référence Année Type Pays Cote
Metal Blade Records - ZORRO 12 1990 LP, Album UK 60€
Megarock - CPD016 1997 LP, Pic, Album, Unofficial Sweden 20€
Metal Blade Records - MB 15170-1 2013 LP, Album, Pic, Ltd, 25t Europe 20€
Back On Black - BOBV140LP 2015 LP, Album, Ltd, RE, RP UK 15€
Metal Blade Records - 3984-14024-1 2016 LP, Album, Ltd, RE US 16€

Mon avis

Ceux qui me suivent le savent : j’aime bien ce qui fait du bruit. Après, le metal (puisque c’est de celà que l’on parle), c’est comme les bagnoles, il y en a pour tous les goûts. Moi j’aime bien le death metal (entre autres); mais au final, même dans le death metal, quand on creuse un peu on est vite confronté à pas mal de sous-styles différents (death metal old school, brutal death metal, grindcore, death metal technique ….). Si je vous dis celà c’est parce que Cannibal Corpse gravite depuis de nombreuses années dans un death metal froid et technique. Mais en 1990, lorsque le combo de Buffalo sort ce Eaten Back to Life, on sent clairement les influences thrash, le style alors en vogue à l’époque avec quelques groupes majeurs comme Slayer, Death Angel, Kreator, Dark Angel… Bref en 90 le death metal en est clairement à ses débuts, même si beaucoup de groupes se bousculent au portillon : Death, Obituary, Sepultura (mouais c’est plutôt thrash mais ça va dans le sens de ce que je raconte), Morbid Angel. Et si l’on écoute les premiers albums de ces groupes, ça sonne clairement thrash, mais avec un son un peu plus écorché et une voix plus gutturale.

Et bien c’est sur ce terrain que se possitionne Eaten Back To Life : un album pionnier du death metal américain, mélange de thrash et de death metal, agrémenté d’une voix incroyablement gutturale, celle de Chris Barnes. Au fur et à mesure des années, sa voix va devenir de plus en plus grave, permettant au groupe de clairement se démarquer.

Les rythmiques hyper saccadées deviennent également dés cet album la marque de fabrique du groupe, même si ces dernières prendront toute leur ampleur uniquement selon moi sur l’album suivant, Butchered At Birth.

Si l’on se remet dans le contexte de l’époque, Eaten Back To Life se démarque bien de la concurrence également du fait de la pochette (signée Vincent Locke qui suivra le groupe de nombreuses années durant) : hyper agressive tout en gardant le côté fun du thrash. C’est cela qui est hyper attirant sur cet album : des gamins qui ne se prennent pas au sérieux, mais qui s’apprêtent au final à devenir un des groupes de death metal les plus prolifiques et les plus connus. Cet album restera censuré en Allemagne jusqu’en 2006. La première fois que j’ai vu Cannibal Corpse en à Wacken (en Allemagne donc) en 2004, ils n’avaient pu jouer aucun des morceaux des 4 premiers albums !!

L’album est hyper court (35 mn) et comporte tout de même quelques titres que le groupe jouera très souvent en live par la suite : A Skull Full of Maggots ou encore Edible Autopsy. Si ce n’est pas à mettre entre toutes les oreilles, son côté fun pourra plaire aux fans de tharsh en manque de sensations fortes, ou aux archéologues musicaux ayant l’esprit ouvert. En ce qui me concerne, ce n’est pas mon album favori du groupe (je préfère The Bleeding si ça t’intéresse), mais honnêtement avec quelques potes et quelques bières, cet album est un don du ciel.

Le son du pressage

On en a parlé à de nombreuses reprises, le vinyle et le metal ne font pas toujours bon ménage. De plus la Loudness War des années 90 / 2000 a plutôt tendance à ratatiner la qualité des enregistrements en compressant les pistes afin d’en augmenter le volume. En conséquence, les productions sont de moins en moins dynamiques, alors autant vous dire que le Death Metal ne fait pas exception, loin de là.

Mais il existe des sites sur le web ainsi que des logiciels permettant de mesurer la dynamique globale d’un album et de lui donner à cette dernière une note sur 20.

Avec un score de 12/20 (voir ici), notre Eaten Back To Life pressage original s’en sort plutôt pas mal : ce n’est clairement pas le mastering le plus dynamique de l’histoire mais ça reste très honorable ! Vous pouvez donc monter le volume sans vous fatiguer les oreilles !!

A noter que les réeditions Metal Blade parues en 2016 (voir ci-dessous) semblent avoir été traitées avec soin (un mastering vinyl a été opéré) et proposent un son très proche des originaux. Je n’ai en revanche pas trouvé quel master avait été utilisé pour ces pressages, si vous avez l’info ça m’intéresse.

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