Nous savons tous que le marché du vinyle rebondit ces derniers temps, affichant des scores de vente encourageants. Cela est peut-être du à un sursaut d’orgueil face à la dématérialisation ambiante de la musique, ou un effet de la mode du vintage elle-même portée par l’engouement du fait-maison. Il n’en reste pas moins, que si les parts de marché du disque vinyle sont aujourd’hui marginales, il n’en a pas toujours été ainsi, bien entendu.

J’ai donc décidé de retracer le cycle de vie des disques vinyles, en le comparant avec les autres technologies qu’il a côtoyées au fur et à mesure des époques. J’ai mis la main sur des chiffres datant de 1980 à 2010, c’est donc la période que nous retracerons aujourd’hui. Trêve de suspens, voici le graphique, suivi ci-après de quelques observations.


zoom: Parts de marché du disque vinyle de 1980 à 2010

L’irréductible vinyle
La première constatation est d’une évidence déconcertante: le vinyle est toujours présent en 2010, et est le seul support sonore physique a avoir traversé toute la période couverte (la cassette s’est éteinte quelques années après l’apparition du CD), plutôt pas mal! Le disque vinyle s’offre même le luxe de montrer des chiffres en croissance depuis la fin des années 2000, représentant environ 1,3% de parts de marché en 2010, affichant une croissance orgueilleuse de 14% en 2010 aux Etats-Unis (ventes de vinyles en 2010).
L’explication à cela n’est probablement pas à aller chercher très loin:

  • Le son analogique du vinyle à toujours été réputé comme étant plus chaud que le son numérique du CD. Il y a donc toujours eu des défenseurs du son du vinyle. Ceci reste à débattre, nous en parlerons peut-être dans un prochain billet.
  • Il s’agit également sans doute d’une réaction à la dématérialisation de la musique, qui devient par définition un bien non tangible, ce qui pose plusieurs problèmes pour le consommateur:
    1. J’ai l’impression d’acheter du vent
    2. La musique perd en qualité lorsqu’elle est compressée
    3. Je n’ai pas de livret physique, pas de pochette etc
  • La dernière raison que je vois réside dans la beauté de l’objet: un cd ne tiendra jamais la comparaison avec un disque vinyle, sa texture, son odeur, ses couleurs etc. Une petite preuve en image ci-dessous ci cela vous semble anodin.

Le vinyle, un bel objet en comparaison de l’insipide cd…

Du règne sans partage du vinyle à sa chute


« Le Walkman m’a tuer »

Les années 70 marqueront l’apogée du règne du vinyle, puisque la concurrence d’autres supports audio se fait très rare. La cassette (K7), inventée par Philips en 1963 viendra perturber la domination du vinyle à partir de la fin des années 70 et de la sortie mondiale d’un petit objet magique, le Walkman. En plus de pouvoir faire ses propres compilations à partir de ses disques vinyles, on pouvait les écouter dans la rue, dans le bus, en cours (hehe), et encore mieux, faire des compiles pour ses potes.

En 1984, les part de marché de la K7 dépasseront pour de bon celles du vinyle.

En 1983 verra le jour un petit morceau de plastique révolutionnaire proposant une qualité sonore bien meilleure (faux) ainsi qu’une plus grande durée de vie que le vinyle (re-faux): le compact disc ou CD pour les intimes. Inventé par Philips et Sony en 1979, sa commercialisation bouleversera le marché du disque. Les ventes de CD dépasseront les ventes de vinyles en 1987, puis les ventes de K7 en 1990. La décennie 90 marque l’apogée du CD, et même au-delà puisqu’entre 2000 et 2005, son monopole est quasi-total.

Les parts de marché du vinyle quant à elles s’effondrent inexorablement au cours des décennies 80, 90 et 2000, pour connaître une relance depuis quelques années.

L’avenir du vinyle
Dur dur de parier sur l’avenir d’un support aujourd’hui tant nous ne savons pas ce que l’avenir nous réserve. Une chose est certaine, le vinyle n’est pas prêt de disparaître si l’on s’en réfère à la maxime « L’avenir est un long passé »: ce support n’a jamais été abandonné par les passionnés. Il existera toujours une niche de personnes ne jurant que par le disque vinyle, que ce soit comme nous l’avons évoqué du fait de ses qualités sonores ou de la beauté de l’objet.

Quant à moi, je vous laisse digérer tranquillement cet article, plus long que de coutume, et dans l’attente de vos opinions les amis, je cours de ce pas ranger ma collection de vinyles.

Alors le vinyle: disparaîtra ou disparaîtra pas ?

1 COMMENTAIRE

  1. Étant moi même un collectionneur de vinyles sans le vouloir, ou je retrace les années de « 1976 » à « 1989 » concernant les genres « disco, funk & soul » avec bien évidemment l’arrivée du stéréo en masse sur nos platines, je dois dire que ces sons « rares par enchantement » ont été conçu pour être sur des galettes noires et rien d’autres.

    Il est inimaginable de retrouver ces morceaux sur d’autres supports. Or malheureusement ils sont pour certains dénaturé par leur sens original si c’est le cas. (rajouts d’effets sonores, brillance, coloration, contrextension ect…)

    De plus l’inconvénient reste quelques fois des prix très « élitistes » de par le manque de rééditions ou par des labels indépendants qui ont disparu.

    Pour un « Coco and Ben – Good fellin » compter entre 1000 et 1500USD. Ce qui est pour le porte monnaie d’un français moyen inacceptable.

    Faute de moyens et de principes, il est certain que dans ma wantlist il y est des sons dit « obscures » que je n’aurais jamais. Ce qui représente relativement 15% sans même compter l’objectivité de l’état des vinyles, c’est à dire « neuf  » et « scellé ». Sinon c’est du 1 sur 2.

    Nous avons franchit une nouvelle étape, celle de ‘l’underground », le vinyle devient de plus en plus contre-culturel.

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