Deuxième épisode de la série Portraits de collectionneurs, je vous propose aujourd’hui de partir à la rencontre de Frédéric, de son univers Rock, et de ses milliers de pépites … attention les yeux !

GENERAL / PRESENTATION

Peux-tu te présenter rapidement ?

Bonjour moi c’est Frédéric, j’ai 44 ans et je suis fan de musique et collectionneur de vinyles depuis de très longues années.

Je viens de la région Parisienne et je suis installé depuis plus 6 mois dans la belle ville de Bourges.

Depuis quand collectionnes-tu les disques vinyles et peux-tu nous expliqué comment t’es venue cette passion pour les disques microsillons ?

Je collectionne activement les disques vinyles depuis 30 ans, j’ai toujours navigué dans le monde de la musique depuis mon plus jeune age. J’avais déjà un papa qui était déjà un gros fan de musique à la maison, donc déjà tout petit j’ai baigné dedans, on peut même dire que je suis un enfant du Rock.

Mon père avait des goûts musicaux assez éclectiques, qui passaient du Rock à la variété Française, à la maison on écoutait aussi bien les Beatles, les Rolling Stones, Led Zeppelin, Elvis Presley, Black Sabbath , Queen, les Kinks, les Yardbirds ou Creedence Clairwater Revival, les Shadows que des artistes de la chansons Française tels-que Eddy Mitchell, Johnny Hallyday, Daniel Balavoine, Veronique Sanson ou bien des groupes Yéyés du début des années 60.

Le fameux Mange Disques Lansay Penny, Vinyl Cannibal

J’ai toujours eu des disques vinyles depuis que suis tout petit, sauf qu’a l’époque c’était mes parents qui me les offraient, je me suis rattrapé ensuite. pour écouter mes disques, j’avais un affreux mange disque Lansay orange qui m’a bousillé tous mes 45t d’enfant.

Le véritable déclic et le début de ma passion dévorante pour la musique et les disques vinyles s’est opéré à l’adolescence avec un album de mon père qui a bouleversé ma vie, le « A Night At Opera » de Queen : ça coïncidait avec l’acquisition de mon premier vrai système Hi-Fi qui appartenait a mon père donc j’ai pu redécouvrir tout les disques qui étaient à la maison .

Depuis la passion ne m’a plus laché jusqu’à présent, j’ai eu comme tout le monde, une petite période ou j’ai acheté des CD, mais je suis vite revenu au support vinyle. Je collectionne surtout des pressages originaux, quelques fois des rééditions quand elles sont de qualité, quand je ne peux pas me permettre de m’offrir l’édition originale en vinyle.

Quels sont tes styles de prédilection ?

Mon style de prédilection est le rock sous toutes ses formes : Rock classique, Punk-New Wave, Rock Psychédélique – Sixties Garage, Hard Rock- Heavy Métal, Rock Progressif, le Krautrock, Rock Indépendant.

Après j’apprécie aussi d’autres styles musicaux comme : la Soul- Rhythm & Blues, le Blues, le Jazz, le Funk, le Reggae Roots & Dub ou la variété Française de qualité.

Mon parcours musical a débuté par Queen, puis ensuite je me suis mis à écouter des vieux groupes de Hard Rock comme Black Sabbath, Deep Purple, Scorpions, Van Halen, Iron Maiden tout en continuant a écouter des grands classiques du Rock comme les Beatles, les Rolling Stones, Led Zeppelin. Mon 2ème choc musical c’est Jimi Hendrix qui a été une grande révélation et qui m’a permis de m’ouvrir vers d’autres styles musicaux tels que le Blues, la Soul-Funk, le Jazz. Puis vint Frank Zappa et ses Mothers qui m’a fait apprécier l’expérimentation dans la musique.

Comme je suis d’un naturel curieux, j’ai découvert aussi par moi même des groupes ou des artistes, comme Iggy Pop & The Stooges, le MC5, David Bowie, Roxy Music, les Flamin’ Groovies, les New York Dolls, le Velvet Underground, Can ainsi que des groupes Psyché- Garage comme Love, les Seeds et le 13th Floor Elevators ainsi que tous les groupes qui sont sur la compilation « Nuggets ».

La fameuse compilation
Nuggets: Original Artyfacts From The First Psychedelic Era 1965-1968

Ensuite la musique est aussi faite de rencontres et de partage, j’ai sympathisé avec un vendeur de la Fnac qui est devenu l’un de mes meilleurs amis et qui m’a fait découvrir le Punk Anglais et Américain. Par le biais du Punk avec des groupes comme les Clash ou les Ruts, j’ai découvert le Dub qui m’a emmené a écouté du Reggae Roots.

Et ton groupe favori, pourquoi ?

Si je devais seulement choisir un groupe ou seul artiste ce serai pour moi très difficile, vu que j’aime pas mal de groupes différents. Mais comme il faut en choisir un seul, je vais citer les STOOGES de Iggy Pop qui ont réalisé 3 magnifiques albums qui sont pour moi des disques ultimes et fondamentaux et que je ne me lasse pas d’écouter

Ma chronique de FUN HOUSE (1970)

Avec ce 2ème opus Iggy et son gang décident de lâcher les chiens et partent enregistrer leur nouvel album à Los Angeles aux studios de leur maison de disques Elektra sous la houlette du producteur Don Gallucci. L’album est enregistré de façon live prise par prise sans overdub, ce qui donne un son titanesque à ce disque. Le côté Rock à haute énergie de l’album fusionne avec le Funk de James Brown et le Free-Jazz de Pharaoah Senders. Bien sûr à sa sortie le disque a fait un flop et va finir dans les bacs à soldes, sauf en France ou il va devenir un disque culte pour toute une génération de Rockers en herbe.

Quels sont les styles que tu n’as pas encore explorés

Le Rap et la Techno qui sont des styles qui ne me touchent pas a part quelques artistes.

TA COLLECTION

Combien possèdes-tu de vinyles ?

Je ne les ai pas comptés depuis longtemps mais je devrais pas être pas loin des 3000 albums et 4000 singles. Tout est classé par genres et sous genres, en alphabétique et par année de parution comme un véritable maniaque de la galette noire.

Est-ce que tu collectionnes un style ou un groupe en particulier, et quel est le groupe/artiste dont tu possèdes le plus de pièces ?

Le style que j’affectionne plutôt est le Rock en général, et certains artistes tout particulièrement, comme Frank Zappa, Jimi Hendrix, Iggy Pop, Queen, les Stranglers, Can, Patti Smith, Public Image Limited. Je privilégie surtout les press originaux lorsque c’est possible.

La pièce de ta collection dont tu es le plus fier ?

La pièce dont je suis le plus fier est cet album des Mothers Of invention de Frank Zappa « We’ re Only In It For The Money » en pressage promo (white label) Japonais que j’ai acheté il y a une vingtaine d’années chez un disquaire Parisien et que je n’ai jamais plus revu depuis en vente, même sur internet.

Les autres disques dont je suis fier aussi, sont mon exemplaire promo US du « Fun House » des Stooges qui a été dédicacé par Iggy Pop le jour de mes 35 ans. Le «The Velvet underground & Nico » du Velvet Underground en pressage original US avec la banane pelable et dédicacé par Lou Reed .

Ton Saint Graal ? (que tu n’as pas encore trouvé)

le 1er album du groupe psyché-Prog Heavy May Blitz sur le label Anglais Vertigo ainsi que l’album « Flash » en press original US des Moving Slidewalks groupe Psyché Texan de Billy Gibbons avant ZZ Top, que j’ai seulement en réédition sur le label Italien Akarma.

33,45 ou les 2 ?

Les 2 et je dirais même les 3 avec les 25 cm dont je possède une petite centaine d’exemplaires .

HABITUDES D’ACHAT

Ou achètes-tu tes disques ? (en ligne, disquaires, grandes surface ect…)

Habituellement j’achète mes disques d’occasion ou seconde main à des disquaires indépendants, malheureusement le dernier disquaire de Bourges a fermé ses portes à la fin du mois de novembre de l’année dernière, donc pour l’occaze je me suis rabattu sur les quelques librairies qui font aussi un peu de disques vinyles ainsi qu’un magasin de Hi-Fi d’occasion où je trouve aussi quelques bons vinyles assez sympas.

Ah, ce bon vieux Machine Head [NDLR : c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures !]

Quand j’habitais en région Parisienne et étant proche de Paris, j’avais un choix conséquent de disquaires que malheureusement, il n’y pas ici. Sinon il y a aussi 2 dépôts vente dans la périphérie de Bourges, mais le choix est très restreint a moins d’y aller régulièrement et tomber sur un bon arrivage.

Il y a deux conventions dans l’année, après il reste les brocantes dans les environs.

J’achète aussi quelques fois aussi sur le net sur des plateformes d’achat comme Ebay ou bien sur Facebook sur des groupes dédiés au vinyle. Pour le neuf j’achète essentiellement à la Fnac qui est à proximité de chez moi, où il m’arrive de temps en temps de tomber sur quelques trucs intéressants.

Achètes-tu des disques neufs? Si oui/non, pourquoi ?

Oui ça m’arrive parfois d’acheter des disques neufs, généralement quand ce sont des éditions anniversaire collector ou des albums inédits d’un groupe ou d’un artiste ou bien alors des disques de nouveaux artistes qui m’intéressent.

Quel est ta vision sur le marché du neuf et d’occasion ?

Pour le marché du neuf, ce sont essentiellement des rééditions ou les nouvelles sorties que l’on trouve assez facilement dans les grandes enseignes style la Fnac, Gibert Joseph, Cultura ou voir même dans des hyper marché comme Carrefour, Auchan ou Leclerc et parfois la qualité de ses nouveaux pressages n’est pas au rendez-vous.

Il m’arrive souvent quand j’achète des disques neufs qu’ils soient très sales, plein de poussière et remplis d’électricité statique

Certain labels comme Music On Vinyl, Sunhazed, 4 Men with Beards, Light In The Attic, font un excellent travail de remasterisation au niveau de leurs éditions vinyle ce qui n’est pas toujours le cas de Back To Black/ Universal, Dol où c’est vraiment la loterie.

Il y aussi le cas du Disquaire Day qui était a l’origine un événement pour aider les labels et les disquaires indépendants mais qui est devenu par la suite une fête marketing pour les grandes maisons de disques, qui nous ressort tous les ans des rééditions de disques archi connus de leur catalogue en édition vinyle couleur à des prix indécents.

Il y a aussi la mention 180g qui est souvent utilisée comme argument de vente, le soucis c’est que si la gravure est mauvaise le disque sonne plat même si le grammage est épais.

Il m’arrive souvent quand j’achète des disques neufs qu’ils soient très sales, plein de poussière et remplis d’électricité statique, je suis pratiquement obligé de les nettoyer à chaque fois. !

Pour le marché de l’occasion, ce grand « retour vinyle » qui dure déjà depuis quelques années et l’avènement d’internet et des sites comme Discogs, ont fait malheureusement grimper les prix sur certains pressages originaux : si je devais racheter maintenant certains des disques de ma collection, je ne pourrais plus le faire, vu l’augmentation constante de certaines pièces en édition originale.

Je privilégie toujours les pressages originaux dans mes achats quand je recherche un disque, je suis quelqu’un de patient et généralement je sais que tôt ou tard je tomberai dessus.

L’ECOUTE

Ecoutes-tu  exclusivement du vinyle ou d’autres supports ? Pourquoi ?

J’écoute essentiellement du vinyle chez moi mais ça m’arrive de temps en temps d’écouter aussi des CD même si c’est plutôt rare. Sinon il m’arrive parfois d’utiliser Deezer pour découvrir un album ou un artiste.

Tu nous expliques ton rituel d’écoute ?

Habitant dans un appartement et ayant des proches voisins, j’écoute mes disques plutôt dans la journée quand je peux ou bien les week-ends jusqu’en début de soirée.

J’aime le rituel du vinyle, déposer le vinyle sur le plateau de la platine, le faire tourner et ensuite, poser le bras sur le disque et écouter religieusement le son qui sort de mes enceintes. Ce qui est appréciable c’est qu’on prend vraiment le temps d’écouter le disque dans son intégralité sans changer l’ordre des titres de l’oeuvre ce qui n’est pas toujours le cas de la musique dématérialisée. La seule contrainte du vinyle, c’est qu’il faut se lever pour changer la face du disque quand elle est terminée, mais moi ça ne me dérange pas, ça fait partie du rituel.

Tu nous parles de mon matériel (ampli/ platine/ cellule etc)

J’ai une Linn LP 12 Sondek et une Thorens TD 160 Super. J’utilise la LP 12 qui est une platine audiophile haut de gamme, uniquement pour lire les 33t, parce que mon alimentation valhalla de chez Linn est assez ancienne et n’est pas faite pour lire aussi les 45t. Je pourrais investir dans une alimentation de la même marque plus moderne me permettant de lire deux supports mais elles sont assez onéreuses. Le bras monté dessus est un Linn Akito avec une cellule MC Klyde de chez Linn.

C’est pour ça que j’utilise aussi la Thorens TD 160 Super pour lire les 45t ainsi que les 33t, le bras qui est monté dessus est un SME 3009 série III avec une cellule MM de chez Ortofon, la VMS 30 MK 2.

Mon ampli est le LK 280 et mon préampli est un LK 1, qui a la particularité de posséder deux entrées phono MM et MC, ce qui me permet de pouvoir brancher mes 2 platines dessus.

Mes enceintes sont des Wharfedale Evolution 20, ce sont des 2 voies, qui sont peut être le maillon un peu faible de mon système mais elles sonnent plutôt pas mal pour des enceintes de milieu de gamme.

FREE SPEECH

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer dans la collection des vinyles

Déjà posséder un bon système hi-fi, un ampli correct avec une entrée phono, une platine vinyle de qualité avec des réglages de force d’appui et anti-skating sur le bras, une bonne cellule  et de bonnes enceintes.

Eviter d’acheter des platines Low-Cost tout en un, style Crosley, qui ont plus l’aspect d’une boite a chaussure que d’une vraie platine avec tout  l’accastillage en plastique, un bras trop court lui aussi tout en plastique avec une pointe de lecture de mauvaise qualité qui sur la durée va labourer tout les sillons vos disques vinyles.

Si on n’a pas trop de moyens, on peut  acheter aussi  du matériel d’occasion, qu’on peut parfois trouver à de bons prix dans des magasins de hi-fi d’occasion ou dans des dépôts ventes.

Quand on débute dans la collection des vinyles il faut d’abord favoriser les brocantes ça permet à un collectionneur néophyte de trouver des disques d’occasion a moindre prix et se faire une petite collection sympa. On peut parfois aussi trouver des disques intéressants dans  les dépôts ventes.

Chose importante toujours bien vérifier bien l’état des disques que vous voulez acheter, ne pas se fier seulement à la pochette mais aussi  l’état du vinyle.

Il est aussi important de se fixer un budget serré pour éviter trop dépenser dans le mois.

Favoriser le disquaire indépendant, si il y en a un dans sa ville, le fait d’y aller régulièrement, permet parfois de choper des petits disques sympas selon ses arrivages ou déstockage, pour pas trop cher.

Sinon, dans les conventions de disques dans les bacs entre 3€ ou à 5€, on peut aussi tomber sur des bons disques a moindre prix, mais là aussi il faut toujours bien regarder les états des vinyles. [NDLR : voir notre report de la Foire aux Disques de Renage]

Quand on commence a avoir pas mal de disques vinyles, il ne faut  pas hésiter a investir dans des pochettes  de protection extérieures pour bien protéger dans le temps les pochettes de vos disques qui sont assez fragiles On peut acheter des pochettes intérieures doublées antistatiques, cela évite les micros rayures quand on sort les vinyles des pochettes classiques en papier.

Il faut bien aussi nettoyer ses vinyles avec un chiffon propre micro-fibres avec une solution à base d’alcool Isopropylique et d’eau déminéralisée avec quelques gouttes de produit de vaisselle. A bannir absolument l’alcool a 90° qui est trop abrasif ou le  produit a vitres qui laisse des résidus  dans les sillons des vinyle.

Quelque chose à rajouter ? Des anecdotes ?

Je me souviens d’une fois à une brocante dans ma ville, d’avoir trouvé sur stand tenu par ancien Baba soixante huitard, le « School Out » de Alice Cooper en pressage Français complet avec la petite culotte en papier.

Comme quoi il faut savoir être patient, quand on est un collectionneur de disques vinyles.

Je lui achète super content l’album et on a commencé a parler de musique ensemble, et au détour de la conversation on a parlé de Frank Zappa : il me dit qu’ il a plein d’albums de Zappa chez lui dont certains en pressages import américain qu’il avait achetés aux Etats Unis quand il était étudiant la-bas à la fin des années 60! Je lui demande si il serais intéressé de me les vendre, il me répond que non, il veut les garder.

Je lui laisse quand même mon numéro de téléphone, au cas où il changerait d’avis : l’année d’après, je retourne à cette même brocante et je retombe sur le même gars, qui ce coup-ci avait emmené tous ses disques, dont les vinyles de Zappa, qu’il ne voulais pas me vendre l’année précédente. J’ai fait bien sûr une grosse razzia sur son stand, je lui ai pratiquement pris tous ses albums de Frank Zappa et c’était vraiment que des grosses pièces, des choses rares et magnifiques que je n’ai jamais revues depuis, comme le « Freak Out » en press original Français, le « Lumpy Gravy » en press US, « Burnt Wenny Sandwich » en press US avec l’insert.

Dans tout ce lot hormis les Zappa, il y avait aussi le « Axis Bold As Love » de Jimi Hendrix en pressage original Français sur le label Barclay et tout ces disques étaient tous en excellent état. J’ai couru direct au distributeur le plus plus proche pour lui payer tout de suite ces disques et je suis vite parti avant qu’il ne change à nouveau d’avis. Comme quoi il faut savoir être patient, quand on est un collectionneur de disques vinyles.

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